Germinal #5
Type de publication et date de parutionRevue
Paru(e) le

Germinal

#5 - L’école émancipatrice

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ISBN 13 9782356879011

L’école connaît en France une situation paradoxale. Au cœur du projet et des institutions républicaines, elle est un des principaux vecteurs d’intégration sociale et se présente comme le lieu tant de formation des citoyens que d’attribution légitime des positions sociales. Avec la massification scolaire, l’école est devenue l’un des fondements de la démocratie sociale mais aussi, par le même mouvement, un lieu de différenciation. L’école française, depuis plusieurs dizaines d’années, s’avère toutefois en difficulté : les comparaisons internationales soulignent son caractère inique, un certain retard dans l’acquisition des compétences par ses élèves et une crise des professions de l’éducation nationale.

Si l’école est de plus en plus, au regard de son importance sociale, l’objet de stratégies familiales, elle demeure néanmoins un sujet peu évoqué dans le débat public, au-delà des polémiques. Il n’en demeure pas moins que lorsqu’elle est évoquée, on en attend beaucoup, au point d’en voir la principale institution de justice sociale, sans pour autant se demander quelles seraient les conditions sociales concrètes d’une école équitable. Le discours sociologique se concentre alors sans difficulté sur les dynamiques de reproduction et de différenciation inégalitaires produites par l’institution scolaire, quitte à se passer d’une approche positive et concrète de l’émancipation par l’école.

Face à ces limites, ce numéro de Germinal entend prendre au sérieux, à partir d’une analyse socio-historique du mouvement de démocratisation scolaire, des inégalités et des formes d’émancipation qui l’accompagnent, ce que pourrait être une école égalitaire. Dans des sociétés de plus en plus différenciées culturellement et socialement, notamment du fait de la progression de la division du travail social et de l’évolution des territoires, l’école apparaît comme le creuset nécessaire de l’intégration sociale, et nationale, des individus. L’enjeu du numéro sera donc de réfléchir à la manière dont l’école peut s’avérer égalitaire dans des sociétés différenciées où le travail définit les positions sociales.

La nécessité et les formes possibles et souhaitables de la démocratisation scolaire seront donc envisagées à partir d’une conception sociologique de l’individu moderne qui permet à la fois une compréhension fine des évolutions historiques de l’institutions scolaire, de ses difficultés actuelles et d’envisager dans une perspective socialiste ce qu’il en est de la laïcité, de l’autorité, de la pédagogie et de la méritocratie à l’école.

Dans cette perspective, ce numéro de Germinal entend renouer avec l’ambition forte d’émancipation et de démocratisation par l’école, telle qu’elle a pu être formulée par le plan Langevin-Wallon du Conseil national de la Résistance, et qui doit se trouver au cœur d’un socialisme conséquent.

Avec, pour le LIER-FYT, les contributions de Séverine Chauvel, Cyril Lemieux, Nathan Cazeneuve et Bruno Karsenti.

Ainsi que, appartenant à d'autres centres de recherche, celles de Marion Bet, Christophe Prochasson, Jean-François Chanet, Éric Charbonnier, Jean-Paul Delahaye, Vincent Peillon, Emma Dupont, Géraldine Farges, Claude Lelièvre, Bruno Poucet, Ismail Ferhat, Gilles Candar, Pierre Merle, Gilles Moreau, Sophie Denave, Fanny Renard et Lorenzo Barrault-Stella.

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