Valentina Grossi

Valentina Grossi

Chercheur.e associé.e
Pôle sociologie

valentinagross@gmail.com

Présentation

Valentina Grossi est sociologue, maîtresse de conférences à l'université de Strasbourg et membre du Centre Universitaire d’Enseignement du Journalisme (CUEJ) & du Laboratoire Sociétés, Acteurs, Gouvernement en Europe (SAGE).

À partir du cas du journalisme contemporain, elle travaille sur la question de l’autonomie professionnelle, en lien aux nouvelles formes d’organisation du travail. Dans le cadre du projet ANR COVIPOL, elle enquête actuellement sur la manière dont la crise sanitaire a eu un impact sur l’organisation du travail journalistique et sur les processus critiques suscités par ces mutations.

En novembre 2018, elle a soutenu une thèse intitulée L’image négociée. Une sociologie des professions du photojournalisme à l’ère numérique (sous la direction de Cyril Lemieux). À partir d’une enquête menée dans trois rédactions françaises (le service photo d’une agence de presse mondiale, la rédaction print d’un quotidien national et la rédaction web d’un news magazine), cette thèse conduit à mettre en lumière que la forte division du travail dans les entreprises de presse n’est pas antinomique avec l’exercice, de la part des acteurs, d’une autonomie professionnelle, entendue comme la capacité à mettre en œuvre des arbitrages complexes tout en menant une réflexion sur les finalités mêmes de leur activité. La virtuosité des professionnels du photojournalisme consiste à faire tenir ensemble des contraintes hétérogènes, irréductibles à la seule logique du profit. Ces dernières se renforcent et se réactualisent à partir des interactions entre les acteurs qui composent les différents segments professionnels et lors des contacts de ces mêmes acteurs avec des groupes extérieurs aux entreprises de presse (ie. les sources et le public). La thèse conduit donc à envisager l’autonomie comme le résultat d’une organisation du travail sui generis permettant aux professionnels de développer une morale spécifique articulée à celle de groupements voisins ainsi que l’« intelligence » de leur activité. Mais elle montre également que l’autonomie des acteurs peut être mise à mal à l’intérieur de dispositifs de production qui tendent à individualiser le travail et, en même temps, à réduire la multidimensionnalité de l’évaluation. Cette thèse entend ainsi contribuer aux réflexions actuelles sur l’impact des technologies numériques et des nouvelles formes d’organisation du travail sur l’autonomie professionnelle.

Parallèlement à ces recherches, Valentina Grossi s’intéresse aux méthodes d’enquête qualitatives, et notamment aux implications méthodologiques et épistémologiques de l’ethnographie.

Pour une présentation synthétique des travaux, voir ici.

Parmi les dernières publications

Articles et chapitres d’ouvrage

Valentina Grossi, « “Liberating” journalistic work or “democratising” the media enterprise? Versatility versus collegiality in two French newsrooms », in Claire Edey Gamassou, Arnaud Mias (dir.), De-liberating Work. Democracy and Temporalities at the Heart of Occupational Health IssuesParis/Buenos Aires, Teseo, 2022, p. 297-315.

Valentina Grossi, «¿“Liberar” el trabajo periodístico o “democratizar” las empresas de prensa? Polivalencia versus colegialidad en dos redacciones francesas », in Claire Edey Gamassou, Arnaud Mias (dir.), De(s)liberar el trabajo. Desafíos de la salud laboral: democracia y temporalidades, Paris/Buenos Aires, Teseo, 2021, p. 313-333. 

Valentina Grossi, « “Libérer” le travail journalistique ou “démocratiser” l’entreprise de presse ? Polyvalence versus collégialité dans deux rédactions françaises », in Claire Edey Gamassou, Arnaud Mias (dir.), Dé-libérer le travail. Démocratie et temporalités au cœur des enjeux de santé au travail, Paris/Buenos Aires, Teseo, 2021, p. 323-343.

Valentina Grossi, « L’autonomie journalistique face aux chiffres. L’interprétation des métriques dans deux entreprises de presse », Sociologies pratiques, n°40, avril 2020, p. 27-37.

Valentina Grossi, « Produire l'actualité des images : le travail d'assemblage dans les bureaux de l'Agence France-Presse »Réseaux, n° 212, novembre-décembre 2018, p. 181-206.

Valentina Grossi, « Entre transparence et opacité : l'écriture ethnographique en controverse »Psychologie clinique, n° 44, 2017, p. 46-56.

Comptes-rendus de lecture

« Angèle CHRISTIN, Metrics at Work. Journalism and the Contested Meaning of Algorithms, Princeton (NJ), Princeton University Press, 2020, 272 p. »Réseaux, 2022/1 (n° 231), p. 265-269.

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