Bastien Massé

Bastien Massé

Doctorant.e
Pôle philosophie

bastien.masse@ehess.fr

Présentation

Dans notre Master 2 intitulé « Société démocratique et économie des institutions », nous nous étions fixé pour tâche d’étudier, à la fois au niveau idéologique et au niveau des pratiques propres aux différentes sociétés capitalistes, les relations qu’entretenaient dans les sociétés contemporaines la sphère de la politique et la sphère de l’économie. Notre mémoire de Master 2 se divise en trois moments principaux. Le premier moment est épistémologique : il définit une méthode générale pour la philosophie des sciences sociales. Le second moment est économique : il décrit le désencastrement du marché dans la société depuis les années 1970 à travers une analyse idéologique, au sens du sociologue allemand Karl Mannheim (Idéologie et utopie, 1929) et à travers une analyse en termes de régulations à l’œuvre dans les capitalismes, à partir des travaux de Michel Aglietta (cf. M. Aglietta et alii, La monnaie, entre dettes et souveraineté, 2017), André Orléan (L’empire de la valeur, 2011) et Robert Boyer (Economie politique des capitalismes, 2015). Le troisième moment relève de la philosophie politique et prend en compte le désencastrement décrit dans le moment précédent. Cette prise en compte nous permet de réfléchir aux effets pathologiques créés par l’économie désencastrée en essayant de décrire quelles formes institutionnelles (corps intermédiaires, nation, Etat) émergent dans la société démocratique du XXIème siècle. Ce mémoire de Master a permis de montrer pour quelles raisons et de quelles manières l’économie était ancrée dans des institutions, qui déterminaient les différentes formes que prenaient les sociétés capitalistes.

Dans notre travail de doctorat, il s’agira de recentrer la focale sur le deuxième moment de notre mémoire de Master 2 et de concentrer l’analyse sur les mutations à l’œuvre dans les capitalismes contemporains. Ces mutations des rapports entre l’économie et la société, l’Etat et l’économie, ont fait émerger la problématique décrite par les concepts de désencastrement et de régulation. Pour amorcer cette réflexion sur les capitalismes, nous avons choisi un angle d’attaque, révélateur d’un état donné de la société. Cet angle d’attaque est le concept d’investissement, que nous considérons structurant pour penser les capitalismes financiarisés, à la fois dans leurs particularités institutionnelles et dans leurs mouvements de convergence dus à la mondialisation. Notre objectif est de conceptualiser l’investissement selon trois catégories : l’individualisation, l’internationalisation et la modification des rapports sociaux. Cette conceptualisation est un premier pas pour ensuite proposer des processus de régulation au niveau de la société toute entière.


Champs de recherche

Philosophie des sciences sociales, philosophie de l’économie, analyse sociale des capitalismes, investissement dans le cadre du capitalisme financiarisé.

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