Les dossiers du LIER-FYT

01. Sur la fonction critique des sciences sociales

Lorsqu'elles se muent en un discours dénonciateur et idéologique, les sciences sociales renoncent à leur ambition et deviennent ignorantes du fondement normatif de leur critique. Se réfugier derrière un discours positiviste qui nie les effets politiques des sciences sociales n'est pas plus réflexif. Entre la sociologie réduite à l'état d'idéologie et la "mauvaise foi" positiviste, il y a place pour une articulation "propre" entre le travail des sciences sociales et la critique du monde social, qui respecte les exigences de réflexivité de ces sciences.

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01. Sur la fonction critique des sciences sociales

02. Sur l'écologie politique

Les relations de l’homme et de son organisation sociale au milieu naturel ont longtemps été étudiées dans le cadre d’une opposition entre nature et société. Mais la crise écologique invite à questionner ce partage, et à revenir sur ses conséquences pratiques. On se trouve dès lors conduit à interroger certains des postulats que les sciences sociales ont jusqu'à présent privilégiés mais aussi à enquêter sur la compatibilité entre l'écologie en tant que projet politique et les principales idéologies qui structurent la modernité.

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02. Sur l'écologie politique

03. Sur la légitimité de la violence

Violences de guerre, meurtres de masse, violences policières, attentats terroristes, violences domestiques, violences faites aux animaux: autant de phénomènes parfois décrits comme "irrationnels". Et si l'effort des sciences sociales pour les rendre inteligibles passait d'abord par le fait de les restituer dans leur normativité? S'ouvre alors la question de leur justification aux yeux des acteurs eux-mêmes et des processus sociaux par lequels certains usages de la violence en viennent à être délégitimés au sein d'un groupe ou d'une société.

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03. Sur la légitimité de la violence

04. Sur la question juive

Le judaïsme antique, l'antisémitisme, l'émancipation des Juifs, la Shoah, l'Etat d'Israël: il est légitime de considérer en tant que tels ces objets d'étude. Mais on peut aussi tenter de les envisager comme révélateurs de notre modernité politique. Depuis l'époque des Lumières et de la Révolution française, la condition des juifs émancipés en Europe ne cesse pas, en effet, de soulever une question d'ordre très général: comment continuer à être juif et être un citoyen autonome? Or cette question, touchant au type d'individualité politique que requièrent les institutions modernes, se pose à tout individu, juif ou non-juif, à partir du moment où il ou elle se veut ou se croit appartenir à la modernité politique.

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04. Sur la question juive

05. Sur la science et la technologie

Il est courant d’opposer la science et la technologie au "social" ou au "politique", dont elles seraient exemptes. La tâche des sciences sociales n’est pas tant de dévoiler comme illusoire la croyance en cette opposition que de montrer ce qui fait aux yeux des acteurs son fondement pratique. On est alors conduit à étudier à travers quels processus sociaux s'autonomisent des espaces de production de savoir scientifique et, ce qui est directement lié, à travers quelles épreuves ces espaces se confrontent aux attentes émanant des pouvoirs publics, des firmes, des associations ou des citoyens – la façon dont ces épreuves sont organisées étant ce qui limite ou permet le développement de ce que l'on peut appeler la "démocratie technique".

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05. Sur la science et la technologie

06. Sur le dialogue entre psychanalyse et sciences sociales

Nécessairement insatisfaites par l’idée selon laquelle les acteurs ont toujours une conscience claire et distincte du sens de leurs actes et qu’ils n’ignorent rien des forces qui les font agir, les sciences sociales ne sauraient se passer du concept d’inconscient. Il leur revient toutefois de définir ce qu'un tel concept doit signifier pour elles. C’est pourquoi, s'il importe que ces sciences approfondissent leur dialogue avec la psychanalyse, il est également essentiel qu'elles sachent saisir leur écart avec cette dernière. Il s’agit, d’une part, d’ouvrir la possibilité de "reconvertir" en sciences sociales des schèmes issus de la psychanalyse – plutôt que de les appliquer directement et mécaniquement. Il s’agit, d’autre part, d’historiciser la psychanalyse, aussi bien que les maladies qu’elle diagnostique, en les rapportant au type de société et d’organisation sociale qui les a vus naître.

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06. Sur le dialogue entre psychanalyse et sciences sociales

07. Sur les pratiques d'historicisation

Qu’il s’agisse pour les acteurs de rendre intelligible un problème présent ou d'anticiper un problème futur, les pratiques d’historicisation, qu’on peut tout aussi bien décrire comme des pratiques de dénaturalisation, sont encouragées dans les sociétés modernes. Ce constat ouvre aux sciences sociales la perspective d’étudier les mécanismes de cette éducation moderne à l’historicité, mais aussi de comprendre ce qui l'entrave, lorsque la nature ou le mythe font leur retour au cœur même de la compréhension du monde et de soi. De ce point de vue, les pratiques interprétatives mises en œuvre par les historiens et les autres chercheurs en sciences sociales ne sont pas moins susceptibles que celles des "profanes" de nous montrer ce qui limite le projet moderne d'une conscience historique pleine et entière.

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07. Sur les pratiques d'historicisation

08. Sur les professionnels du soin et de la solidarité

Avec le développement des Etats-Providence, les métiers liés au soin et à la relation d’assistance se sont considérablement multipliés, spécialisés et codifiés. Dans les démocraties occidentales, les agents qui œuvrent dans de tels métiers ont en grande partie fondé leur mandat professionnel sur leur capacité à traiter en tant que "personnes" les individus appartenant aux populations, de plus en plus nombreuses et diversifiées, qu’il s’agit de soigner ou d’aider. Dans quelle mesure cette exigence d’humanité et de respect de l’autonomie individuelle, dont tout indique qu’elle s’accroît aujourd’hui, entre-t-elle en contradiction avec les "politiques d’économisation" de l’Etat-Providence contemporain et la managérialisation des professions en question ? Dans quelle mesure, au contraire, les conforte-t-elle? Et en quoi la tension entre exigence de traitement en personne et gestion économique de l'activité d'aide ou de soin structure-t-elle les "épreuves de professionnalité" qui affectent ces métiers ?

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08. Sur les professionnels du soin et de la solidarité

09. Sur la comparaison et le relativisme

Redevables à la démarche comparative tout à la fois pour ce qui est de leur fondement logique et pour ce qui est de l’impulsion qui a présidé à leur naissance, les sciences sociales ne peuvent pas se passer d’un moment relativiste. L’effort premier qu’elles requièrent des chercheuses et des chercheurs est en effet celui d’un décentrement d’avec leur propre socialisation et leur propre culture, que seule permet une compréhension approfondie et internaliste de la culture et des normes en vigueur dans d’autres groupes sociaux et d’autres sociétés. Est-ce à dire que c’est au relativisme que, dans ces sciences, doit revenir le dernier mot ? Ce serait tirer trop vite la conclusion que toute entreprise de généralisation y est vouée à n’être qu’un leurre. Ce serait aussi renoncer à l’idée qu’à l’aide de ces sciences, une critique des autres et de soi-même peut s’élaborer, qui s’élève de manière non illusoire au plan de l’universel.

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09. Sur la comparaison et le relativisme

10. Sur la contestation et la plainte

Phénomènes caractéristiques du rapport aux institutions, quelle que société que l'on considère, la plainte et la contestation sont facilement rabattues par les sciences sociales contemporaines sur la seule logique des intérêts des protestataires et comprises depuis le vocabulaire de la stratégie. La sociologie pratiquée au LIER-FYT s’interdisant un tel réductionnisme, elle a cherché à se doter des moyens analytiques permettant de prendre au sérieux tant les contraintes argumentatives qui pèsent sur la prise de parole publique que l’appel à des idéaux sans lesquels plainte et protestation resteraient aux acteurs impossibles à formuler.

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10. Sur la contestation et la plainte

11. Sur le durkheimisme et son actualité

Pourquoi relire aujourd’hui Durkheim et Mauss? Ces classiques vénérables appartenant à l'histoire des sciences sociales ne sont-ils pas définitivement dépassés par notre présent? A rebours de cette vision, les travaux menés au LIER-FYT proposent un retour aux textes de l’école durkheimienne qui s’inscrit dans les enjeux les plus contemporains de deux disciplines : face à ce qu’on peut appeler la "crise actuelle de la sociologie", ces textes permettent de repenser le geste sociologique dans ce qui le distingue en propre (holisme et dénaturalisation, notamment) mais aussi dans ce qui le lie socialement et politiquement aux transformations des sociétés modernes ; face à la domination en philosophie des catégories de la pensée politique moderne, ils permettent de remettre en jeu la catégorie de social dans ce qu’elle a d’initialement et de constitutivement politique.

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11. Sur le durkheimisme et son actualité

12. Sur les règles de la méthode et de l’écriture sociologiques

Pas davantage qu’elle ne peut s’envisager sans enquête empirique, la sociologie ne peut se passer d’un travail conceptuel. De ce caractère irrémédiablement "empirico-conceptuel" découlent des exigences de méthode et des contraintes d’écriture que certains travaux du LIER-FYT ont tenté de clarifier. Ces travaux font notamment apparaître que le style "pragmatique" ou "durkheimo-pragmatique" qu’ils favorisent doit moins être compris comme une proposition en faveur de façons de faire totalement nouvelles que comme un effort pour dégager et dans certains cas radicaliser les règles de méthode et d’écriture qui depuis la naissance de la sociologie, ont permis à cette discipline de se fonder dans sa spécificité.

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12. Sur les règles de la méthode et de l'écriture sociologiques

13. Sur Foucault

Incontournable pour qui entend s'engager dans une démarche de philosophie des sciences sociales, l’œuvre de Michel Foucault n’en entretient pas moins avec les disciplines de ces sciences un rapport dont la difficulté et la non-immédiateté ont pu être parfois sous-estimées. A cet égard, comme le suggèrent certains travaux du LIER-FYT, il peut valoir la peine de se demander jusqu'à quel point et à quelles conditions l’approche foucaldienne est compatible avec le raisonnement sociologique comme avec le travail des historiens.

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13. Sur Foucault